Les instruments d’écriture : stylos, encres et papiers

On sait depuis Richelieu d’Edward Bulwer-Lytton, que « the pen is mightier than the sword » (la plume est plus puissante que l’épée). Aussi, le choix du stylo et, par extension, de l’encre et du cahier ne doit pas être laissé au hasard.

Par ailleurs, le stylo est souvent un cadeau offert pour marquer une grande occasion et a vocation à suivre son possesseur tout au long de sa vie. Véritable marqueur de réussite sociale, ce n’est pas un hasard si les plumes Montblanc sont surnommées « Président » ou « Diplomate ».

Le choix de son instrument d’écriture est le prolongement logique pour toute personne aimant les beaux objets utiles. Mais cela ne s’arrête pas au modèle de stylo, car le choix de l’encre ou du papier a une grande influence sur l’expérience d’écriture.

Les Damoiseaux vous délivrent donc quelques conseils pour choisir vos instruments d’écriture.

La principale étape : le choix du stylo

Stylo plume, bille ou roller ? À plume !

Il existe trois grands types de stylos. Premièrement, ce sont les plus classiques, les stylos dits « à plume », c’est-à-dire possédants une pointe qui fait varier le flux de l’encre et l’épaisseur du trait en fonction de l’angle et de la pression exercée sur le papier. Deuxièmement, les stylos dits « à bille », ont quant à eux ont un flux d’encre et une épaisseur de trait qui ne varie que très peu, voire pas du tout. Troisièmement, le « rollerball », situé entre le stylo plume et le stylo à bille, a pour intérêt sa plus grande robustesse comparé au stylo plume, tout en conservant un flux d’encre changeant en fonction de l’utilisation.

Bien qu’en perte de vitesse et souvent délaissé du fait de la contrainte inhérente à son fonctionnement, c’est sur le stylo plume que nous souhaitons nous concentrer, car il est selon nous un instrument d’écriture plus noble, plus subtil et résolument plus classique. Utiliser un stylo plume rendra votre écriture plus singulière, ajoutant une variation de l’épaisseur du trait en fonction de votre manière de tenir le stylo. Cela enrichira vos signatures, les rendant encore plus difficiles à reproduire, et vos écrits gagneront en style.

Il existe plusieurs variables dans un stylo plume : la largeur de la plume, sa souplesse, le mécanisme de rechargement ou même le mécanisme de fermeture du capuchon. Ce sont des objets hautement personnalisables qui nécessitent donc de bonnes connaissances afin de faire les bons choix. 

Bien choisir la plume, le type de recharge et la fermeture

Voyons donc ces différentes variables une à une. 

Tout d’abord la largeur de la plume. Plus elle est large, plus l’écriture sera nuancée, mais également plus exigeante. Votre écriture sera tributaire du type de papier sur lequel vous écrirez : si le grammage du papier est trop faible, il n’arrivera pas à absorber toute l’encre qui sera délivrée par une plume épaisse, ce qui mènera à des tâches et à des bavures sur ce dernier. À l’opposé, une plume fine est plus simple à utiliser, et donc plus conseillée pour les débutants. 

Idéalement, il faut essayer différentes plumes. Il existe des nuances de tailles : extra-fin, fin, moyen, large, music, zoom, etc. Si le stylo que vous envisagez d’acheter ne vous servira que pour la signature de documents, privilégiez une plume plutôt large pour un meilleur rendu.

La souplesse et la résistance de la plume seront principalement influencées par son matériau. Privilégiez donc les plumes en or pour une souplesse et un confort d’écriture maximal.

Pour recharger son stylo plume, la méthode la plus connue est sans doute les cartouches, qu’elles soient universelles ou spécifiques à la marque. Peu encombrantes et faciles à remplacer, c’est une solution qui a le mérite d’être simple. D’un autre côté on retrouve le rechargement par piston, qui consiste à plonger la plume dans un bocal d’encre et à actionner le piston, généralement en tournant l’extrémité arrière du stylo afin d’aspirer de l’encre dans ce dernier et donc de le recharger. Plus élaboré, ce système a le grand avantage d’être indépendant du type d’encre utilisé, laissant plus de choix. Cette méthode est évidemment plus contraignante (flacon fragile et encombrant).

Interrogez-vous aussi sur le mécanisme de fermeture. Préférez-vous une fermeture avec un clip, ou bien une fermeture vissée ? Il n’y en a pas une meilleure que l’autre, c’est à vous de décider !

Les recommandations des Damoiseaux

Vous l’attendiez, voici quelques recommandations de la part des Damoiseaux afin de satisfaire tous les budgets. Généralement, les marques de stylos plumes sont françaises, allemandes ou japonaises. La sélection est basée sur des modèles neufs, mais n’hésitez pas à suivre Les Dénicheurs (@LDenicheurs).

Lamy Safari

Le modèle Safari de chez Lamy est un stylo avec un excellent rapport qualité/prix (à moins de 30 euros). C’est un très bon stylo pour débuter dans l’achat des stylos plume. La plume est amovible, vous laissant ainsi l’opportunité de tester plusieurs types d’épaisseurs. C’est l’outil idéal si vous voulez vous essayer à ce genre d’instruments sans trop dépenser dans un premier temps.

S.T. Dupont Line D

Si vous cherchez un stylo classique, le S.T. Dupont line D est pour vous : plume en or 14 K, guillochage à la main sur le corps du crayon, de quoi ravir les amateurs de beaux objets. Pour autant, ce n’est pas une œuvre d’art destinée à être exposée, mais bien faite pour être utilisée ! Comptez environ 600 euros pour ce (beau) modèle.

Pelikan M400

La marque Pelikan constitue une excellente alternative à Montblanc. Les modèles M400, M800 et M1000 sont de superbes modèles. 

Le modèle M400, à moins de 400 euros, peut constituer un premier vrai beau stylo plume.

Montblanc Meisterstück 149

Montblanc produit avant tout des œuvres d’art qui écrivent bien. Leurs modèles iconiques sont le symbole d’un statut atteint dans la société, et il me paraît assez juste de les comparer à la marque d’horlogerie suisse Rolex.

Vous pourrez retrouver les modèles classiques Meisterstück 144, 146 et 149 (aujourd’hui connus sous les noms Classique, Legrand et 149), ou alors aller tutoyer les étoiles avec leurs collections spéciales (éditions limitées écrivains par exemple). Comptez au moins 500€ pour vous en procurer un neuf.

Pilot Custom Urushi

La marque japonaise Pilot est surtout connue pour ses stylos d’entrée de gamme pour écoliers, notamment leur modèle Metropolitan, extrêmement abordable et constituant un solide concurrent au Lamy Safari. Elle propose également de véritables œuvres d’art, comme les modèles Custom Urushi avec une plume en or 18 carats ainsi que leur corps en laque Urushi, issue du savoir-faire japonais et considérée comme l’une des finitions les plus durables sur un stylo.

Sailor Professional Gear

Autre grande marque japonaise, peu connue du grand public, mais très reconnue par les spécialistes : Sailor. Fondée en 1911, son univers s’inspire de l’univers des ports marins. Une gamme riche, pour tous les budgets, avec certains modèles intéressants et hors du commun comme le Sailor Professional Gear Slim Mini qui peut tenir dans la poche. Ici, nous vous conseillons le Sailor Professional Gear d’une valeur d’environ 350 euros.

La seconde étape : le choix de l’encre

Vous pouvez faire le choix d’utiliser les cartouches d’encre pour votre stylo et écrire en bleu ou en noir. Toutefois, si vous avez fait le choix – contraignant et exigeant – du stylo plume, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le choix de l’encre est une étape importante.

Si vous êtes étudiant et que vous destinez votre stylo à un usage en examen, peut-être est-il préférable de choisir une encre bleue, effaçable et conditionnée en cartouches.

Dans les autres cas, il convient de privilégier l’encre en flacon. Là aussi, il faut essayer, tester et découvrir. Aucune convention sociale ne vous impose d’écrire en bleu effaçable ou en noir. Il est possible d’écrire en marron, vert foncé, gris, ou dans une nuance de bleu. Votre signature, votre façon d’écrire – sur la forme et sur le fond – n’est pas identique à celle de votre voisin, alors pourquoi ne pas choisir une couleur différente ?

Ainsi, vous pouvez essayer des couleurs différentes, et nettoyer votre plume entre chaque changement de couleur.

Évoquons ici trois marques d’exceptions qui sauront vous convaincre de tenter l’aventure des encres personnelles.

Les recommandations des Damoiseaux

Jacques Herbin

La première marque recommandée est la Maison Jacques Herbin. Fondée en 1670 à Paris, la maison est principalement connue pour ses encres, mais elle fabrique et commercialise aussi des cires à cacheter. Cette marque offre un large choix d’encres avec beaucoup d’éditions limitées toujours présentées dans un magnifique flacon.

Prenons par exemple ici cette encre verte, en hommage à Napoléon.

Platinum

Moins connue du grand public, la marque japonaise Platinum fondée au début du 20ème siècle se veut résolument technologique, notamment en ce que l’encre évolue au fil du temps. Certaines encres contiennent des particules de fer qui s’oxydent et transforment l’encre en une nouvelle couleur plus foncée.

Avez-vous déjà vu quelqu’un signer à l’encre jaune qui se patine avec le temps ? Cela reste largement lisible et résolument original.

Iroshizuku par Pilot

Le pays du soleil levant s’illustre encore avec cette autre gamme “Iroshizuku” (gouttes colorées) produite par Pilot. L’objectif de cette collection est de représenter l’art ancestral japonais de l’écriture, la passion de la couleur et la perfection de l’encre. Les couleurs s’inspirent des paysages japonais et chaque flacon est en verre soufflé. Il existe 24 teintes, vous trouverez sans doute celle qui vous conviendra.

Prenons par exemple, pour les moins effrontés d’entre vous, la merveilleuse « tsuki-yo », un  bleu assez foncé et nuancé.

Le support : Lettres et cahiers

Si certains considèrent que le stylo plume n’a pas à se poser sur tout et n’importe quoi, ils n’ont qu’en partie raison. Il doit rester un instrument polyvalent, mais gardez à l’esprit qu’il ne peut exprimer tout son potentiel que sur de papier de qualité. Que ce soit pour écrire à quelqu’un pour le remercier d’une invitation ou, plus prosaïquement, pour prendre des notes sur votre lieu d’étude ou de travail ; le choix du papier n’est pas à négliger.

L’épaisseur du papier est mesurée en grammage, généralement de gramme du papier par mètre carré. Le standard du papier A4 d’imprimante est autour de 70-80. En dessous de 70g/m2, le stylo plume risque de baver. Pour un cahier, il faut choisir un grammage suffisant pour ne pas perdre en qualité d’écriture, mais en gardant suffisamment de souplesse pour pouvoir tourner les pages. Pour du papier à lettres, un grammage plus important sera préféré.

Là encore, il y en a pour tous les budgets et de toutes les tailles. Au début, il est préférable d’éviter de dépenser trop d’argent dans un cahier si vous écrivez peu. 

Pour les petits budgets, dans un premier temps, vous pouvez vous rendre chez Muji ou Hema. Ces deux magasins proposent des carnets résistants, de toutes les tailles, généralement avec un grammage de 80g/m2 pour une poignée d’euros. Dans un style plus reconnaissable, vous aurez les carnets Moleskine ou Leuchtturm1917. Privilégiez cette seconde marque, qui a un grammage plus épais et donc mieux adapté au stylo plume.

Si vous commencez à être mordus et souhaitez avoir un accessoire élégant, Montblanc propose des carnets d’une grande qualité (85g) et  disponibles en plusieurs tailles (comptez entre 50 et 100 euros).

Conclusion

Voici tout un univers qui s’ouvre à vous, et libre à chacun d’investir le temps et l’argent qu’il souhaite. Toutefois, le choix d’un stylo plume qui vous plaira, d’une encre qui reflète votre personnalité et d’un carnet adapté à vos besoins devrait faire de vous des Damoiseaux plus épanouis.

Bonne écriture, Les Damoiseaux

Article écrit par Arthur Meyniel et Akim Ouint

Commentaire

  • Olivier Duhamel

    Pourquoi ne pas avoir évoqué le Pilot Capless, original qui allie la praticité du stylo bille au charme de la plume ?

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